Un début d'histoire

« Danseuse, chorégraphe, poète, vidéaste, pédagogue du mouvement et habitante d’un éco-lieu, j’aspire à un monde où chacun est libre de créer le temps et l’espace nécessaire pour se reconnecter à sa poésie intérieure. Le mouvement est pour moi une porte d’entrée vers la présence, la conscience, la vie… La danse nous convie à explorer notre créativité et à la partager avec notre communauté. L’art nous invite à co-créer notre monde et l’habiter autrement. »

Elle regarde souvent le ciel avec son âme pour ne pas oublier d’où elle vient. Elle observe alentour avec une grande curiosité, tantôt amusée, tantôt nostalgique. Elle construit des maisons de mots, de mouvements, de papier et parfois de bois. Elle invite le monde qui s’étend devant elle à venir y prendre le thé.

Elle a les pouces bleus, et le bleu vient la trouver. Parfois elle l’appelle de son petit nom, Cosmos, comme les fleurs. Ça lui pousse des envies de planter de nouvelles idées chaque matin, de croiser les sourires, de mettre des jupes en hiver, d’oublier son parapluie et de lire devant la mer. Elle arrose la vie tous les matins d’un mot étonnant et d’un geste rare.

Chez elle, c’est plein de dessins, de livres et de silences. La lumière perce à travers les feuilles de bambou et emplit l’espace en dansant. Elle aime les corps, les matières et l’invisible. Ils tracent des pleins et des vides sur la page blanche du monde où elle écrit ses mille maisons de rêves.

• Le mouvement

Tinuviele découvre la danse contemporaine dans l’enfance avec les spectacles de Carolyn Carlson dont la « poésie visuelle » lui ouvre la voie de son propre cheminement. À l’âge de 8 ans, elle commence à suivre à La Schola Cantorum, à Paris, les cours de Sophie Daviet, qui sera sa professeure pendant 15 ans. Adolescente, elle participe à des créations avec Daniel Dobbels, Raphaël Soleilhavoup, Brigitte Asselineau et Christine Gérard à L’Espal, scène nationale du Mans. Elle y découvre et aiguise une approche chorégraphique. Puis elle suit la formation en danse contemporaine du Conservatoire de Caen avec Valentine Vuilleumier et Line Guillouet, où elle obtient son Diplôme d’Études Chorégraphiques en 2016. Elle continue à prendre part à de nombreux stages et ouvre notamment de nouveaux horizons avec Elena Serra (mime) et May Kazan (Corps-Espace-Temps). Elle découvre la méthode Feldenkrais auprès de la danseuse et praticienne Agnès Dufour avec qui elle affine sa conscience corporelle et développe son imaginaire autour du corps-maison. Elle poursuit cet enseignement avec Christine Barrat, Simone Roloff, Corinne Garcia et Richard Corbeil.

Dès 2014, elle chorégraphie de courtes pièces et performances. En 2017, elle crée la compagnie Le Monde Devant avec le spectacle La petite princesse Météore. S’en suivra le quatuor Tout le monde veut lire le journal en même temps (2019) et le duo Si je murmure ici (2021). Hors les murs, il y a de nombreux moments dansés, partagés avec des musiciens, poètes, conteurs, paysagistes, photographes et peintres au sein de jardins, bibliothèques, lieux patrimoniaux et privés. En tant que vidéaste, elle met en scène la danse et la poésie au sein de créations visuelles réalisées en extérieur. Elle transmet auprès d’adultes, à travers des stages et ateliers, l’approche du mouvement née de son parcours de danseuse et de sa perception de la vie.

• La poésie

Elle publie en 2011 un recueil de poésie Entre les racines du chêne vert et participe au sein du Collectif Le Temps des Rêves à la revue Pierres d’Encre, dont elle est par ailleurs directrice de la publication et maquettiste pendant plusieurs années. Elle apprend sur le tas et le virus du livre la pique. En 2014, elle monte les éditions Paysages, petite maison d’édition artisanale qui publie des livres-objets de poésie illustrée. De 2015 à 2017, elle prend part à l’aventure des éditions Soc et Foc. Elle aime tant créer des livres que s’en suivent différents projets, notamment Mosaïque(s), Retour de Brume, Amour Bleu… Elle continue toujours à écrire, pour le spectacle vivant, des projets de publication et pour elle-même.

Si la danse est son langage premier, les mots en sont indissociables. Le texte est toujours présent dans les spectacles qu’elle met en scène, que ce soit à l’inspiration ou au plateau.

• Les images

La danse, les mots, les images… Autant de points de vue poétiques sur le monde qui se font écho, dialoguent et rebondissent.

La photographie et la vidéo naissent du côtoiement d’Isabelle Bussi avec qui elle découvre et aiguise son propre regard, tout en s’appropriant les aspects techniques. Elle les développe ensuite au sein de créations visuelles en collaboration avec d’autres artistes et pour des projets solo.

C’est en rencontrant les personnages visuels de Gaëlle Boissonard qu’elle commence à imaginer et créer des vêtements ainsi que des costumes pour le spectacle vivant, tout en se formant auprès d’une couturière pendant 2 ans.

Une option arts plastiques et l’artiste japonaise Michiko Yamada lui ouvrent le champ de l’illustration qu’elle explore notamment avec les encres, les aquarelles et les matières de papiers. Autant de médium qui la portent et l’enrichissent.