Aujourd’hui il n’y a plus rien à écrire,
Il ne reste que ce qui nous emplit
Et se déverse dans l’océan du monde.
Les choses et les hommes vont et viennent,
Comme toujours ils ont fait,
Mais nous sommes sortis de l’histoire.
Et nous demeurons hors du temps,
Bien que pleinement impliqués dans notre époque.
Nous nous éloignons peu à peu,
Peu à peu nous nous rapprochons,
Et ceux qui vivent cet étonnant ressac,
Marchent côte à côte dans l’immensité,

Dès que le temps se pose,
La grâce descend,
Dans les pas du marcheur,
Mille galets jonchent la grève,
Et remplissent nos poches de lumière,
Mille prières dans le silence.


Je suis les pas de l’éternel
Et chaque pierre est un carrefour,
Entre le monde que je quitte,
Et celui qui n’existe pas encore,
Vers lequel je retourne.
Il y a tant de bruits,
Et j’attends le silence.

Aux temps du monde,
Et de tous les récits que l’on raconte,
J’aspire à l’heure d’avant l’histoire,
Où ne demeure que l’odeur des oliviers,
Des fleurs d’orangers et du jasmin.
Et pourtant les couleurs et les formes,
Entrelacent une autre histoire,
Que nous ne pouvons comprendre,
Sans fermer les yeux.
- Crédits ©
Texte et photographies : Tinuviele Parmentier