Les pas de l’éternel

Aujourd’hui il n’y a plus rien à écrire,
Il ne reste que ce qui nous emplit
Et se déverse dans l’océan du monde.
Les choses et les hommes vont et viennent,
Comme toujours ils ont fait,
Mais nous sommes sortis de l’histoire.
Et nous demeurons hors du temps,
Bien que pleinement impliqués dans notre époque.
Nous nous éloignons peu à peu,
Peu à peu nous nous rapprochons,
Et ceux qui vivent cet étonnant ressac,
Marchent côte à côte dans l’immensité,

Dès que le temps se pose,
La grâce descend,
Dans les pas du marcheur,
Mille galets jonchent la grève,
Et remplissent nos poches de lumière,
Mille prières dans le silence.

Je suis les pas de l’éternel
Et chaque pierre est un carrefour,
Entre le monde que je quitte,
Et celui qui n’existe pas encore,
Vers lequel je retourne.

Il y a tant de bruits,
Et j’attends le silence.

Aux temps du monde,
Et de tous les récits que l’on raconte,
J’aspire à l’heure d’avant l’histoire,
Où ne demeure que l’odeur des oliviers,
Des fleurs d’orangers et du jasmin.

Et pourtant les couleurs et les formes,
Entrelacent une autre histoire,
Que nous ne pouvons comprendre,
Sans fermer les yeux.


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L’écume rêve, se love et s’enroule

La Maison est partout
Sur le chemin

Il y a cet océan devant nous
En soi et autour de soi
Être chez soi

La Maison Univers
Contient chaque lendemain

La brume enveloppe la combe du lac,
Le sable s’accroche sous les voutes de tes pieds,
Premières esquisses de l’histoire
À laquelle tu aspires

La Maison Univers
Caracole sur le chemin
Tangue, joue et parfois s’endort

L’écume rêve
Et s’enroule
Dès qu’une fenêtre s’allume à l’horizon

Et se love
Dans l’immense


L’Océan est ma Maison

Il y a des lignes infinies

Il y a des lignes infinies
Qui se rassemblent en toi,
Spirales et rondeurs
Douces et tranchantes,
Tapies, tortueuses et pleines,

Chercher sans cesse
Jusqu’à
Se laisser aller sur le sol
Se lover simplement dans une trace
Qui existait bien avant ce que tu es aujourd’hui
Que tu as pourtant déjà connu
Depuis la nuit des temps
Et demain encore

Car elle n’a pas de temps,
pas de limites, pas de contours

Derrière chaque écorce, une joie
Chaque cime, un parfum
Chaque racine, un souffle
Un aigle te regarde
Grand-Mère sans nom,
sans jugement, sans attache
Un rire immense t’enveloppe
Et les larmes douces et crues
Creusent le sol sous ta peau

La Terre est gelée
La graine attend
Vivante


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Au milieu du monde est la maison

Voyager pour trouver l’espace en soi
La beauté et la grâce en chemin
Rencontrer les mémoires du Temps
Regarder

Ailleurs

Voyager pour revenir.
Des embruns sur les joues
L’âme bénie

Aller là où l’on se trouve soi-même
Sans chercher à atteindre
Demain

Alors peu importe où je me trouve
Du moment que je suis
Avec toi
Ce moi plus vaste et plus sincère
Caché derrière les attentes

Prendre le temps d’entendre
Entre l’eau, la roche et le thym
Suivre une texture
Un parfum
Un chatoiement de lumière

Au milieu du monde
Est la maison

Et dans mes bras
L’onde de l’univers
Que je porte tout à l’intérieur

Les mains vides
Rituels, silences, rien

Le sentiment d’être chez soi.


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D’ici à l’aube

D’ici à l’aube
Il y a cette trace, silencieuse et imparable

Le pin et l’aulne savent encore cette histoire
D’un espace-temps que nos voix ne rejoignent plus

Tu ne l’as pas encore perçu
Dans les vallées, les comètes et tes pupilles
L’air qu’on y respire est limpide

Lorsque tes pas ne laissent plus d’empreintes
Lorsque la silhouette au bout du chemin
A disparu

Souviens-toi
Des vallées profondes, des comètes bleues
Et de ses pupilles vives et douces

Souviens-toi
De ta voix qui roule sur les pierres, le lichen et l’eau claire

Le pin et l’aulne savent encore rejoindre
Le pays à l’aube


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Où sont parties les racines ?

Le tarmac glisse,
La bruine attend.
Inspire, Expire.

Les mots se font rares,
Les vagues ont éteint les nuages,


Embrasé,
Tempête.

Entrer dans le bleu.
Un premier geste,
Encore une fois.

Le son des lacs,
Brut et limpide,
Joie et Tristesse.

Sur la bruyère.
L’océan amour,
Roche noire,
Chants gaéliques.

Recommencement,
Le ciel est haut,
Les larmes fraiches.

Pose ta maison,
Dans la vallée,
Pose ton sourire,
Dans ta main.
Nous faisons route,
Et l’horizon a déserté.


Il y a toujours
Ce lac oublié,
Caché,
Dans tes rêves.


Si je t’attends,
Je serai rocher,
Je serai île,
Je serai flamboyant.
Si je t’attends.


Terre brune de ciel,
Amère solitaire,
Sans fin.


Devant la montagne,
Le cœur s’apaise,
Le feu se tait.


Un dernier pas,
Je suis arrivée.
Et si demain existait,
J’existerai aussi.